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	<title>Pierre &#8211; Vie au Japon</title>
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		<title>Le shushoku</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Dec 2019 04:40:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cuisine]]></category>
		<category><![CDATA[Mini articles]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;une des nombreuses différences culturelles entre le Japon et la France (et entre l&#8217;Asie et l&#8217;Occident) sont les habitudes alimentaires. Et au-delà des ingrédients utilisés pour faire la cuisine, il y a l&#8217;ordre et la façon de manger les choses....]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L&rsquo;une des nombreuses différences culturelles entre le Japon et la France (et entre l&rsquo;Asie et l&rsquo;Occident) sont les habitudes alimentaires. Et au-delà des ingrédients utilisés pour faire la cuisine, il y a l&rsquo;ordre et la façon de manger les choses.</p>



<p>Ainsi le repas français typique est constitué d&rsquo;une entrée, un plat principal, un fromage et un dessert. Ces mots sont donc intraduisibles en japonais (du moins sans utiliser des mots anglais transcrits en japonais).</p>



<p>Lors d&rsquo;un repas typique japonais, on apporte tout sur la table et on mange tout en même temps (le sucré, le salé, le fromage et tout ce que vous voulez). Et il existe naturellement des termes pour décrire les différentes « fonctions » des aliments, qui sont intraduisibles en français.</p>



<p>Ce qui pose toujours un problème quand on me demande « c&rsquo;est quoi le <em>shushoku</em> en France ? ». Tout simplement parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de <em>shushoku</em> en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le <em>shushoku</em>, c&rsquo;est quoi ?</strong> </h2>



<p>Etymologiquement ce mot est constitué des sinogrammes 主(principal) et 食 (manger, repas). Concrètement c&rsquo;est l&rsquo;ingrédient qui sert de base consistante à un repas et qui est généralement assez fade en soi. C&rsquo;est le truc qui sert à bien vous remplir la panse pour ne pas vous réveiller à deux heures du matin avec le ventre qui fait le bruit d&rsquo;une tondeuse à gazon (d&rsquo;importance majeure donc). </p>



<p>Au Japon c&rsquo;est le riz. Si vous ne voyez toujours pas ce que je veux dire, voici d&rsquo;autres exemples : le <em>shushoku</em> du couscous c&rsquo;est la semoule, le <em>shushoku</em> des spaghetti à la bolognaise ce sont les spaghettis, le <em>shushoku</em> du gratin de chou-fleur c&rsquo;est le chou-fleur. Le <em>shushoku</em> est donc ce que l’on accompagne de sauce et/ou de divers autres mets.</p>



<p>Seulement en France nous n&rsquo;avons pas de <em>shushoku</em> général comme le riz en Asie. Beaucoup de gens au Japon me demande si le <em>shushoku</em> en France c&rsquo;est la baguette. Sauf que la comparaison est quand même très limitée, car on ne mélange pas le pain avec le reste n&rsquo;importe comment. Le seul plat où selon moi on pourrait considérer que le pain est le <em>shushoku</em> c&rsquo;est la fondue.<br>Bref, quand on me demande ce qu&rsquo;est le <em>shushoku</em> en France je suis bien embêté.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quels
sont les autres constituants du repas japonais&nbsp;?</strong></h2>



<p><em><strong>Okazu</strong></em> ou <strong><em>fukushoku</em> </strong>: C&rsquo;est ce qui accompagne le riz, c&rsquo;est-à-dire la viande, le poisson, la salade, la soupe, etc. C&rsquo;est souvent traduit en anglais par <em>side dish</em> (plat d&rsquo;accompagnement), mais c&rsquo;est une traduction qui me déplaît. L&rsquo;<em>okazu</em> est ce qui va donner du goût et de la consistance à votre <em>shushoku</em> ; Il est donc quasiment impossible d&rsquo;avoir un repas sans <em>okazu</em> (sinon concrètement vous ne mangez qu&rsquo;un bol de riz). Alors qu&rsquo;en anglais le <em>side dish</em> est quelque chose qui vient en plus du plat principal, et donc quelque chose dont on peut se passer, contrairement à l&rsquo;<em>okazu</em>.</p>



<p>L’<em>okazu</em> peut ensuite être resubdivisé en deux catégories : le <em><strong>shusai</strong></em>, qui désigne l’accompagnement principal, c’est-à-dire en général la viande ou le poisson, et le <em><strong>fukusai</strong></em>, qui désigne les accompagnements auxiliaires tels que la salade et la soupe.</p>



<p><strong><em>Sakana</em></strong> (ou <em><strong>tsumami</strong></em>) : ce sont des petits trucs que l&rsquo;on mange en guise d&rsquo;accompagnement de l&rsquo;alcool. En général, c&rsquo;est un genre de petits gâteaux apéritifs salés, du chou ou des <em>edamame</em> (haricots japonais), mais cela peut en fait être à peu près n&rsquo;importe quoi (même des sashimis ou des yakitoris) du moment que ça accompagne de l&rsquo;alcool et que c&rsquo;est servi en petite quantité. Attention ces derniers sont aussi parfois appelés <em>side dish</em> en anglais. On voit ici que le terme <em>side dish</em> appliqué à la cuisine japonaise peut désigner à peu près tout et n&rsquo;importe quoi (sauf le riz), ce qui montre encore une fois la difficulté d&rsquo;utiliser les termes d&rsquo;une langue pour décrire certains aspects d&rsquo;une autre culture.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tous les repas japonais contiennent-ils chacun de ces composants&nbsp;?</strong></h2>



<p>Non, il s’agit là de concepts généraux, qui s’appliquent au beau repas traditionnel japonais. Si en France on peut réduire son repas à un simple plat et sauter l’entrée, le fromage et dessert, les japonais peuvent aussi parfaitement se contenter d’un bol de <em>ramen</em> sans rien à côté.</p>



<p>Par ailleurs, il y a certains repas où les termes du dessus ne sont pas applicables. Dans une raclette, on ne peut pas dire que les pommes de terre et la charcuterie sont le « plat » et le fromage à raclette le « fromage », car tout se mange en même temps. De la même manière, dans les plats japonais où plusieurs choses sont mélangées tel le riz au curry ou les sushis, on ne considère pas le riz comme <em>shushoku</em> et le reste comme <em>okazu</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pour
l’anecdote</strong></h2>



<p>Le
fait de manger tout en même temps dans les repas japonais fait qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas
de notion « d&rsquo;ordre des goûts » comme nous, à savoir notamment manger
le sucré en dessert. Ainsi, si dans un restaurant au Japon (hors restaurants à l’occidentale
de luxe) vous commandez en même temps une glace et une pizza, il est fort
probable que votre glace arrivera en premier, étant donné qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas
d&rsquo;ordre et que le temps de cuisson de la glace est généralement inférieur à
celui de la pizza. Ce qui ne dérange absolument pas les japonais. Du coup vos
amis japonais peuvent avoir du mal à comprendre pourquoi vous ne touchez pas à
ce très bon gâteau que vous avez sous le nez.</p>



<p></p>
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		<title>L’eau en japonais</title>
		<link>https://vieaujapon.com/leau-en-japonais/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Nov 2019 12:52:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Langue]]></category>
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					<description><![CDATA[En apprenant une langue étrangère, on s&#8217;attend généralement à rencontrer des problèmes sur des points grammaire complexes ou du vocabulaire avancé. Mais on s’attend rarement à ce qu’il y ait des pièges sur un concept aussi basique que l’eau. Puis...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En apprenant une langue étrangère, on s&rsquo;attend généralement à rencontrer des problèmes sur des points grammaire complexes ou du vocabulaire avancé. Mais on s’attend rarement à ce qu’il y ait des pièges sur un concept aussi basique que l’eau.<br />
Puis on découvre le japonais. Et là, c’est le drame.</p>
<p><b>« Alors comment dit-on eau en japonais ? »</b><br />
Le mot de base est <em>mizu</em>. En apprenant cela on pense donc naïvement qu&rsquo;à chaque fois qu&rsquo;on voudra parler d&rsquo;eau en japonais il suffira de balancer <em>mizu</em> et pif le tour sera joué. Hélas, la réalité est tout autre.</p>
<p><b>« Alors, c&rsquo;est quoi le problème ? »</b><br />
En apprenant l&rsquo;anglais, après avoir appris que <em>water</em> voulait dire <em>eau</em>, que <em>hot</em> voulait dire <em>chaud</em> et que <em>cold</em> voulait dire <em>froid</em>, lorsque vous voulez dire <em>eau froide</em> ou <em>eau chaude</em> il vous suffit de dire <em>hot water</em> ou <em>cold water</em> et l&rsquo;affaire est dans le sac. Du coup, en apprenant qu&rsquo;en japonais <em>froid</em> se dit <em>samui</em> et que <em>chaud</em> se dit <em>atsui</em>, on pourrait penser qu&rsquo;<em>eau chaude</em> va se dire <em>atsui mizu</em> et qu&rsquo;<em>eau froide</em> va se dire <em>samui mizu</em>. Mais ça ne marche pas. Et je dirai même plus, ça ne marche pas au carré.</p>
<p><b>« Pourquoi ? »</b><br />
D&rsquo;abord, l&rsquo;eau étant un cas particulier, on va prendre l&rsquo;exemple d&rsquo;un autre liquide : la soupe. Son petit nom en japonais est <em>supu</em> (oui c&rsquo;est le mot anglais avec la prononciation japonaise). Le problème est qu&rsquo;en japonais il existe deux adjectifs différents pour décrire le froid : <em>samui</em> pour parler de la sensation de froid (par exemple dans « j&rsquo;ai froid ») et <em>tsumetai</em> pour parler de la froideur d&rsquo;un objet ou d&rsquo;un liquide. Ainsi une soupe froide ne se dira pas <em>samui supu</em> mais <em>tsumetai supu</em>. Pour ce qui est du chaud, il y a aussi deux adjectifs qui suivent le même concept, sauf qu&rsquo;ils ont la même prononciation. Donc à l&rsquo;oral pas besoin de faire attention, ce sera toujours <em>atsui</em> (par exemple <em>atsui supu</em>), mais à l&rsquo;écrit on utilisera deux caractères différent.</p>
<p><b>« Ah j&rsquo;ai compris ! donc pour dire <em>eau froide</em> on dira <em>tsumetai mizu</em>, c&rsquo;est bien ça ? »</b><br />
Non. Parce que comme je le disais, l&rsquo;eau est une exception. Ainsi en japonais il existe un mot particulier pour désigner l&rsquo;eau chaude : <em>oyu</em>. Et ce pour n&rsquo;importe quelle eau chaude, que ce soit l&rsquo;eau que vous versez dans votre tasse de thé ou l&rsquo;eau chaude avec laquelle vous vous lavez. On ne peut donc pas utiliser l&rsquo;expression <em>atsui mizu</em> (évidemment je pense qu&rsquo;un japonais comprendrait quand même de quoi on parle, mais ça sonne bizarre*).</p>
<p><b>« Mais du coup, pour <em>tsumetai mizu</em> ça marche quand même non ? »</b><br />
Oui et non, parce que comme <em>oyu</em> désgine l&rsquo;eau chaude, le mot <em>mizu</em> implique donc que l&rsquo;eau est froide. Du coup on utilisera le mot <em>tsumetai</em> uniquement si l’interlocuteur sait déjà que l’eau est froide, mais qu’elle est plus froide que prévu et/ou que l’on veut insister sur le côté froid/frais.<br />
Concrètement, si par exemple vous plongez dans une piscine et que l’eau est froide, vous pouvez dire qu’elle est <em>tsumetai</em> pour insister sur le fait qu’elle est vraiment froide, même si à la base on ne s’attendait pas à ce qu’elle soit particulièrement chaude.<br />
Par contre, lorsque l’on s’attend à ce que l’eau soit chaude (c’est-à-dire à ce que ce soit de l’<em>oyu</em>), le simple mot <em>mizu</em> suffira à faire comprendre que l’eau est froide et l’on n’a donc pas besoin de remettre le <em>tsumetai</em> (sauf si on veut vraiment insister sur le côté très froid). Par exemple, un jour j&rsquo;expliquais à une collègue que, venant d&#8217;emménager, je n&rsquo;avais pas encore d&rsquo;eau chaude. Elle m&rsquo;a donc demandé si j&rsquo;allais me laver avec de la <em>mizu</em>. J&rsquo;ai failli lui répondre « non non, je vais me laver à l&rsquo;urine, ça a l&rsquo;air fun », puis j&rsquo;ai compris (en fait c&rsquo;est le moment où j&rsquo;ai eu le déclic) que <em>mizu</em> en japonais impliquait toujours que l&rsquo;eau est froide. En fait je pense même qu&rsquo;à cause de la langue, dans la tête des japonais l&rsquo;eau froide et l&rsquo;eau chaude sont deux choses différentes, et non deux états différents d&rsquo;une même chose comme nous francophones le pensons.**</p>
<p><b>« Bon cette fois j&rsquo;ai bien compris, quand je prends mon bain j&rsquo;utilise de l&rsquo;<em>oyu</em>, et quand je demande un verre d&rsquo;eau dans un restaurant je dois demander de la <em>mizu</em>, c&rsquo;est bien ça ? »</b><br />
C&rsquo;est un peu plus subtil. Pour le bain oui, mais pas pour le verre d&rsquo;eau. Enfin si vous demandez de la <em>mizu</em> dans un restaurant on vous comprendra et c&rsquo;est correct, mais si jamais vous êtes un jour serveur au Japon il vous faudra un vocabulaire qui va au-delà de la <em>mizu</em>.<br />
Premièrement, il existe un mot pour désigner l&rsquo;eau qu&rsquo;on boit : <em>ohiya</em>. Donc si vous allez manger des ramens rue Sainte-Anne et que vous voulez faire celui/celle qui parle bien japonais, demandez de l&rsquo;<em>ohiya</em> plutôt que la <em>mizu</em>, ça fait toujours son petit effet. Cela nous fait déjà deux mots différents pour demander de l&rsquo;eau.<br />
Ensuite, dans certains restaurants d&rsquo;un certain standing, il existe encore un autre mot. Allez savoir pourquoi, les bourgeois japonais ont dû trouver que demander de la vulgaire <em>ohiya</em> faisait trop prolétaire et ont donc décidé d&rsquo;utiliser encore un autre mot. Malheureusement, comme ils étaient à court d’idées ce jour-là, ils ont décidé de prendre un mot anglais, de japoniser la prononciation et ont pondu <em>cheisa</em>. Sauf que <em>chaser</em> en anglais américain est un mot qui désigne une boisson peu alcoolisée prise après (ou en même temps que) une boisson forte (type whisky), pour éviter d&rsquo;avoir la gorge qui pique trop. Et c&rsquo;est ce mot là qu&rsquo;ils ont repris pour parler de l&rsquo;eau. Alors si en anglais, dans l&rsquo;absolu, rien n&#8217;empêche que votre <em>chaser</em> soit de l&rsquo;eau, il est quand même censée accompagner une boisson d&rsquo;homme tel un bon whisky. Du coup quand je vois un japonais demander un <em>chaser</em> à côté de son verre de jus d&rsquo;orange je trouve cela assez cocasse.</p>
<p>Note aux apprenants : ce mot étant essentiellement employé par les plus de 30 ans assez aisés, il est tout à fait possible (voire même très probable) que votre correspondante japonaise de 17 ans ne le connaisse pas (mais non je n’ai pas inventé cette partie pour faire le guignol).</p>
<p>Voilà, maintenant vous savez tout sur l&rsquo;eau japonaise !</p>
<p><b>Bonus :<br />
</b><b>« J&rsquo;ai entendu dire que dans les cafés au Japon, les thés et les cafés sont toujours disponibles en version chaude et froide. Du coup si par exemple je veux un expresso chaud je dois dire atsui ekusupuresso, c’est bien ça ? »</b><br />
Encore une fois non, parce que dans le cas particulier des cafés et des thés les japonais utilisent le mot anglais. Au début je pensais que c’était parce que le café est une boisson occidentale, mais ça n’explique pas pourquoi ils utilisent le mot anglais pour le thé, comme par exemple pour le thé oolong, qui est originaire de Chine. Bref, un expresso chaud c&rsquo;est <em>hotto ekusupuresso</em>. Et pour ceux qui savent qu&rsquo;en japonais on met la particule <em>na</em> entre l&rsquo;adjectif et le nom, dans ce cas on ne la met pas car l&rsquo;expression est considérée comme étant reprise de l&rsquo;anglais dans son ensemble.<br />
<strong>« Bon et du coup un expresso froid c&rsquo;est <em>koludo ekusupuresso</em> ? Là je peux pas me tromper ! »</strong><br />
Non (cette fois c&rsquo;est le dernier non de l&rsquo;article). Parce que pour un café froid on ne dit pas <em>koludo</em> (cold) mais <em>aisu</em> (ice), comme en anglais. Donc un expresso froid se dira <em>aisu ekusupuresso</em>.</p>
<p><b>Bonus 2 :</b> Il existe le même type de différence pour le riz. Le riz cru se dit <em>komé</em> et le riz cuit <em>gohan</em> (ou parfois <em>raisu</em>). Là aussi je pense que dans la tête des japonais il s’agit de deux choses bien distinctes. Du coup si vous demandez à un japonais s’il a mangé du <em>komé</em> ce midi il va vous regarder bizarrement.</p>
<p><b>Notes :</b><br />
<b>*Est-ce que ça sonnerait si bizarre de dire <em>atsui mizu</em> ?</b><br />
Oui. Je vais vous donner un exemple d&rsquo;une chose où la langue française utilise deux mots différents alors qu&rsquo;il n&rsquo;y en a qu&rsquo;un dans les autres langues (du moins en anglais, japonais et coréen) : les glaçons. En anglais, japonais et coréen, pour parler des glaçons on dit tout simplement <em>glace</em>. Du coup si un étranger vous dit « est-ce que tu peux mettre de la glace dans mon coca ? », vous comprendrez mais ça sonne étrange. C&rsquo;est le même concept pour <em>atsui mizu</em>.</p>
<p><b>**Mais scientifiquement l&rsquo;eau est bien un seul et unique élément, donc on a bien raison de penser que l&rsquo;eau froide et l&rsquo;eau chaude sont deux états différents d&rsquo;une même chose. Ils sont bizarres ces japonais.</b><br />
Non (cette fois c&rsquo;est vraiment le dernier !) . De manière concrète, quand on y pense, on n&rsquo;utilise pas du tout l&rsquo;eau froide et l&rsquo;eau chaude pour les mêmes choses : on en fait deux utilisations différentes, donc il n&rsquo;est pas stupide de les considérer comme deux choses différentes. On pourrait très bien imaginer une langue dans laquelle <em>table</em> se dirait « morceau de bois pour écrire » et <em>chaise</em> « morceau de bois pour s&rsquo;asseoir », et dont un locuteur natif vous dirait que vous êtes stupide d&rsquo;avoir deux mots différents pour parler d&rsquo;une table et d&rsquo;une chaise alors qu&rsquo;elles sont faites dans la même matière et donc que ce sont deux états différents d&rsquo;une même chose. Bref, il ne s&rsquo;agit là que d&rsquo;une question de point de vue. Il n&rsquo;y a pas une langue qui a raison et l&rsquo;autre qui a tort.</p>
<p>Cet article a entièrement été écrit par moi-même, sur la base de mes connaissances. Toute reproduction totale ou partielle est formellement interdite.</p>
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		<title>Conduire au Japon</title>
		<link>https://vieaujapon.com/conduire-au-japon/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Nov 2019 09:02:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Pratique]]></category>
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					<description><![CDATA[Comme la question me revient régulièrement, je vais faire ici un point sur comment conduire au Japon, que ce soit pour le côté paperasse ou pratique. Cet article est destiné aux personnes sachant déjà conduire et possédant un permis dans...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme la question me revient régulièrement, je vais faire ici un point sur comment conduire au Japon, que ce soit pour le côté paperasse ou pratique. Cet article est destiné aux personnes sachant déjà conduire et possédant un permis dans un autre pays. Si vous n’avez pas de permis du tout, il faut le passer dans une auto-école japonaise. Toutes les procédures et tous les tarifs indiqués sont pour la conduite d’un véhicule de moins de 3,5 tonnes et de moins de 10 passagers. Pour conduire un mini-bus ou un poids lourd, il faudra vérifier par vous-même si ces procédures marchent. Je mets en bas de cet article plusieurs liens vers des sources externes, si vous voulez plus d’infos et/ou vérifier une information n’hésitez pas à aller voir.</p>
<h2>Sommaire</h2>
<p><b>I. La paperasse</b><br />
A. Le permis international<br />
B. La traduction<br />
C. Le permis japonais<br />
<b>II. Et maintenant ?</b><br />
A. Conduire au Japon, c’est dur ?<br />
B. Ce qu’il faut savoir<br />
C. Les couleurs de permis<br />
D. Les points<br />
<b>Plus d’infos</b></p>
<h2>I. La paperasse</h2>
<p>Pour conduire au Japon, comme dans la plupart des autres pays d’ailleurs, il y a trois possibilités.</p>
<h3>A. Le permis international</h3>
<h4>1. Pour qui ?</h4>
<p>C’est le plus simple à faire pour les gens qui viennent en vacances, puisque vous pouvez l’obtenir dans votre pays. Cependant, il faut bien vérifier que le pays dans lequel vous vous rendez reconnaisse le permis international de votre pays (car contrairement à ce que son nom indique, le permis international est différent pour chaque pays et donne donc des droits différents). Voici donc la mauvaise nouvelle : le Japon ne reconnait pas les permis internationaux d’Allemagne, Belgique, Estonie, France, Monaco, Suisse et Taiwan (pays non signataires de la Convention de Genève de 1949). Vous ne pouvez donc pas conduire avec un permis international d&rsquo;un de ces pays. Si vous habitez dans un pays étranger et que vous possédez un permis international de ce pays, vous devez regarder sur ce permis sous quelle convention il a été délivré. Si c’est celle de 1949, vous pouvez conduire au Japon. Si c’est celle de 1968 ou aucune, vous ne pouvez pas conduire au Japon. (cf “plus d’infos”)</p>
<h4>2. Comment l’obtenir ?</h4>
<p>Toutes les démarches sont à faire de l’étranger. Il faut donc vous renseigner auprès de votre mairie.</p>
<h3>B. La traduction</h3>
<h4>1. Pour qui ?</h4>
<p>La deuxième possibilité est de faire traduire son permis. Il vous faudra alors voyager en permanence avec le permis original + la traduction + votre passeport. Cette traduction doit être obtenue auprès de la JAF (Japan Automobile Federation). Il est donc a priori impossible de l’obtenir de l’étranger. Certains articles mentionnent la possibilité de l’obtenir auprès de certaines ambassades, mais en tout cas l’ambassade du Japon en France ne la délivre pas. (cf “plus d’infos”)<br />
Cependant cette solution est réservée aux séjours courts ou moyens : en effet la traduction n’est utilisable que pendant 1 an après l’entrée sur le territoire japonais (d’où la nécessité d’avoir son passeport sur soi pour prouver la date d’entrée). Elle est donc adaptée pour les gens venant en vacances, les gens en visa vacances-travail et les gens qui viennent étudier ou travailler temporairement. Si vous souhaitez rester à long terme, il vous faudra obtenir un permis japonais.<br />
Note : Cette traduction est nécessaire pour obtenir un permis japonais (cf section c.2.).</p>
<h4>2. Comment l’obtenir ?</h4>
<p>La première solution est de se présenter à un bureau de la JAF avec votre permis de conduire et 3000¥ (cf “plus d’infos”). En théorie vous n’avez pas besoin d’autres documents, mais je recommande quand même d’apporter votre passeport et votre carte de résident si vous en avez une, au cas où. Une fois sur place on vous fera remplir un formulaire et vous aurez normalement votre traduction dans la journée.<br />
La deuxième solution est d’envoyer le formulaire de demande, une photocopie de votre permis et 3500¥ à la JAF. Ils enverront ensuite la traduction chez vous (uniquement à une adresse Japonaise). Elle doit en principe arriver en deux semaines.<br />
La troisième solution est de demander à une agence de voyage en France de vous faire faire la traduction. C&rsquo;est eux qui se chargeront d&rsquo;envoyer les documents au Japon et de transmettre la traduction à votre adresse française une fois qu&rsquo;elle aura été effectuée.</p>
<h3>C. L’obtention d’un permis japonais</h3>
<h4>1. Pour qui ?</h4>
<p>Si vous possédez un permis de l’un des pays suivants, vous pouvez « convertir » votre permis en un permis japonais sans avoir à passer aucun test : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Corée du Sud, Danemark, Espagne, Etats-Unis (seulement quelques états), Finlande, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Monaco, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Suède, Suisse, République Tchèque, Royaume-Uni, Taïwan. (cf “plus d’infos”)<br />
Si vous possédez un permis de conduire d’un autre pays, vous devrez repasser certains tests. Il faut aussi que vous ayez résidé dans le pays d’obtention au moins 3 mois après avoir eu votre permis (donc si vous voulez le passer en vitesse juste avant d’aller au Japon pour être débarrassé ça ne marchera pas).</p>
<h4>2. Comment l’obtenir ?</h4>
<p>Pour convertir votre permis il faudra vous rendre dans un centre agréé (pour savoir quels sont les centres agréés, voir la section “plus d’infos”) muni des documents suivants (tous les documents doivent être les originaux) :<br />
a. La traduction officielle de votre permis, obtenue dans un bureau de la JAF ou à l’ambassade du Japon dans votre pays.<br />
b. Une preuve que vous avez résidé dans le pays au moins 3 mois après l’obtention du permis. Le plus simple est de fournir des fiches de paie ou des relevés de notes. Pour une raison mystique, ce document n’est pas mentionné dans certaines listes présentes sur d’autres sites, mais ne vous réjouissez pas trop vite car si vous cherchez bien il est généralement mentionné dans les conditions qu’il faut avoir résidé 3 mois dans le pays après l’obtention du permis ; et comme c’est une condition, il vous faudra bien entendu une preuve que vous remplissez cette condition, d’où ce document.<br />
c. Permis de conduire étranger (en cours de validité)<br />
d. Photocopie recto verso du permis<br />
e. Passeport<br />
f. Photocopie du passeport<br />
g. Carte de résident<br />
h. Certificat de résidence (住民票)<br />
i. Photo d&rsquo;identité 3&#215;2.4cm<br />
j. Vos lunettes si vous en portez<br />
k. Un peu de liquide pour payer les frais de dossier (variable selon les cas mais généralement en-dessous de 5000¥)<br />
l. Permis de conduire japonais, si jamais vous en possédez déjà un (pour un autre type de véhicule)<br />
Les documents ci-dessus sont les documents de base à apporter. Selon votre situation il est possible que l’on vous demande des documents complémentaires. Selon les centres, il est aussi possible que cette démarche ne se fasse que sur rendez-vous. C’est pourquoi il vous est fortement conseillé d’appeler le centre où vous allez faire vos démarches avant de vous y rendre.</p>
<h4>3. Comment cela se passe-t-il ?</h4>
<p>Dans l’ensemble cette procédure ne comporte rien de très compliqué, c’est juste long comme la plupart des démarches administratives au Japon (et dans d’autres pays aussi d’ailleurs). Une fois arrivé avec tous vos documents, on vous fera remplir un formulaire. La personne qui s’occupe de vous vous posera ensuite un certain nombre de questions du type “Avez-vous déjà commis un accident dans votre pays ?”, “Avez-vous une maladie chronique qui pourrait gêner votre conduite ?”, etc. Pour cette partie il est recommandé d’être accompagné de quelqu’un qui parle couramment japonais si vous n’avez pas au moins l’équivalent d’un niveau JLPT N2 (ou vraiment au pire N3). Après cela, si vous portez des lunettes votre vue sera testée. Après diverses autres procédures administratives vous recevrez enfin le Graal. Le tout peut prendre plusieurs heures selon l’affluence. Il est donc recommandé de prévoir votre demi-journée pour cette procédure.</p>
<h2>II. Et maintenant ?</h2>
<p>Bon, c’est pas le tout d’avoir son permis japonais, mais je fais quoi maintenant ?</p>
<h3>A. Conduire au Japon, c’est dur ?</h3>
<p>Beaucoup de gens me disent qu’ils sont inquiets de conduire au Japon à cause du fait que l’on conduise à gauche. Je tiens à vous rassurer tout de suite : de mon expérience personnelle le côté de la route duquel on conduit ne joue que très peu sur la difficulté de conduire à l’étranger. Pour avoir conduit en Corée du Sud où pourtant on roule du même côté qu’en France, j’ai trouvé ça plus dur que de conduire au Japon. Conduire à gauche, c’est perturbant les trente premières secondes, mais si on se concentre et fait attention au début ça passe tout seul. Les facteurs qui influent beaucoup sur la difficulté de conduire à l’étranger sont :<br />
&#8211; Le nombre de règles et leur clarté : en Corée du Sud il n’y a pas de règles de priorité (ou alors il y en a mais personne ne les connait), je vous laisse donc imaginer les carrefours sans feu ni stop à l’heure de pointe. Vous avez intérêt d’avoir un bon klaxon.<br />
&#8211; La différence des règles avec son pays d’origine : en Corée du Sud (oui je prends tout le temps cet exemple mais c’est parce que c’est le seul autre pays dans lequel j’ai conduit), on peut tourner à droite même si le feu est rouge, mais en revanche pour tourner à gauche il faut s’arrêter même si le feu est vert (et attendre une flèche verte spécifique pour la gauche). Cela signifie qu’il faut détricoter des années de réflexes. Autre règle sympathique : on a le droit de doubler par la gauche et par la droite, du coup personne ne fait jamais l’effort de se rabattre sur la droite puisque ça ne gène personne d’être dans la voie de gauche. Je vous laisse imaginer les routes à 6 voies quand il y a du trafic.<br />
&#8211; Le niveau moyen de respect des règles des conducteurs : je ne ferai pas de commentaire sur la conduite coréenne à ce sujet-là (pas par manque de choses à dire ; parce que je ne saurais par où commencer). Bon, je critique la conduite en Corée du Sud mais pour avoir vu d’autres pays comme le Vietnam ou l’Indonésie je pense qu’il y a encore bien pire. Bref, la bonne nouvelle c’est qu’au Japon le code de la route est très propre et pas tellement différent du nôtre, et que les japonais le respectent assez bien (les connaissant vous vous en doutiez). La seule exception sont les limitations de vitesse dont tout le monde se fout, mais ça n’est pas tellement gênant. Donc conduire au Japon est relativement facile pour peu qu’on soit bien concentré au début.</p>
<h3>B. Ce qu’il faut savoir</h3>
<p>Bon, après vous avoir dit que c’était facile, il faut quand même que je vous parle de quelques subtilités. Car vous vous doutez bien que même si le code de la route est similaire au nôtre il y a quand même des différences.</p>
<h4>1. Les feux rouges</h4>
<p>C’est LE point qui m’a posé le plus de problèmes au début. Au Japon, les feux de signalisation ne sont pas placés avant l’intersection mais après. Cela implique deux choses :<br />
&#8211; Il ne faut pas s’arrêter juste devant le feu par réflexe, sinon vous vous retrouvez arrêté au milieu du carrefour (cela peut sembler très bête dit comme ça mais dans le feu de l’action ce n’est pas si évident).<br />
&#8211; Plus subtil : lorsque le feu est vert pour vous et que vous tournez à droite, après avoir fini votre virage vous allez apercevoir le feu rouge destiné aux voitures qui étaient à votre gauche au début ; il faut bien évidemment l’ignorer et ne pas s’arrêter (pareil, ça a l’air bête mais dans la pratique on se fait facilement avoir au début). A part ça les règles aux feux rouges sont à peu près les mêmes qu’en France : pour tourner à droite, vous devez laisser passer d’abord les gens qui arrivent d’en face. Si le feu est rouge, vous ne pouvez pas passer, sauf si une flèche verte vous y autorise.</p>
<h4>2. Les limitations de vitesse</h4>
<p>Les limitations de vitesse sont beaucoup plus basses qu’en France. Les limitations sont entre 30 et 50 km/h en ville, 40 et 60 km/h à la campagne et 80 et 100 km/h sur autoroute. Il faut donc faire très attention. La bonne nouvelle est qu’il n’y a que très peu de radars sur l’autoroute et donc la plupart des gens y roulent quand même à 120 km/h. Cependant, pour ce qui est des routes de campagne, elles sont très sinueuses et souvent étroites, ce qui fait que l’on ne peut en général physiquement pas rouler à plus de 50/60 km/h. D’ailleurs, lorsque l’on prévoit son itinéraire, il faut bien prendre cela en compte. En France si je suis à la campagne et que je veux aller d’un point A à un point B qui sont à 80 km l’un de l’autre, je compte sur une bonne départementale et j’estime que je vais mettre une heure et des bananes. Au Japon, la route sinueuse fera que vous aurez à parcourir 120 km au lieu de 80 (et encore, sans se perdre), et vous les ferez à 60 km/h. Il faudra donc compter en moyenne 2 à 3 fois plus de temps qu’en France pour la même distance (je parle bien là des routes de campagne ; en ville et sur autoroute il n’y a pas de grosse différence).</p>
<h4>3. La priorité à gauche</h4>
<p>On me demande souvent si, étant donné que l’on conduit de l’autre côté de la route, il y a du coup priorité à gauche. Je me suis renseigné un certain nombre de fois sur les règles de conduite au Japon (y compris en écrivant cet article) et je n’ai jamais trouvé une quelconque mention de cette fameuse priorité à gauche. Et en tant que conducteur, je n’ai quasiment jamais été confronté à ce problème car la plupart des intersections ont un feu rouge ou un panneau stop, à part quelques toutes petites intersections en ville ou en rase campagne mais dans lesquelles on roule généralement si doucement que la prudence et la courtoisie suffisent à s’en sortir.</p>
<h4>4. Divers</h4>
<p>&#8211; Les panneaux stop sont triangulaires et il est écrit « 止まれ » dessus.<br />
&#8211; La tolérance d’alcool dans le sang est strictement zéro. Les passagers qui laissent conduire quelqu’un ayant bu sont considérés comme complices et sont donc susceptibles de recevoir une amende aussi (voire d’aller en prison si le conducteur a beaucoup bu).<br />
&#8211; Si vous voyez une ligne blanche (perpendiculaire au sens de circulation) juste avant un passage piéton, vous n’êtes pas obligé de vous arrêter, elle vous signifie seulement de ralentir et de faire attention.<br />
&#8211; A l&rsquo;inverse de la France, les panneaux indicant les routes payantes (comme les autoroutes) sont verts, et ceux indicant les routes gratuites sont bleus.</p>
<h3>C. Les couleurs</h3>
<p>Tout d’abord sachez qu’au Japon le permis doit être renouvelé 3 ans après l’obtention, puis ensuite une fois tous les 3 ou 5 ans, selon le nombre d’infractions commises dans les 3 dernières années et selon si vous avez plus ou moins de 70 ans. Il y a trois couleurs de permis différentes :<br />
&#8211; Vert : c’est la couleur de votre premier permis. L’expérience de conduite à l’étranger ne compte pas, donc la première fois que vous obtiendrez votre permis japonais vous serez à nouveau jeune conducteur. Bien que vous gardiez votre permis vert pendant 3 ans, vous n’êtes considéré comme jeune conducteur que pendant 1 an. De ce fait, vous devez mettre une <i>shoshinsha mark</i> (初心者マーク) à l’arrière de votre voiture pendant votre première année de permis. C’est un autocollant jaune et vert, équivalent du « A » en France. Par contre cela n’a pas d’influence sur les limitations de vitesse.<br />
&#8211; Bleu : pour les conducteurs venant de finir la période de probation ou ayant commis une infraction “grave” dans les 5 dernières années. (cf “plus d’infos”)<br />
&#8211; Or (qui dans la réalité ressemble plutôt à du marron) : pour les conducteurs ayant au moins 5 ans de permis et n’ayant pas commis d’infraction grave pendant les 5 dernières années.<br />
La première fois vous aurez donc un permis vert, la deuxième fois un bleu et après cela dépendra de votre conduite (&lt;= c’était le jeu de mot du jour, merci pour vos applaudissements ça me fait chaud au cœur).<br />
<b>Concrètement, qu’est-ce que la couleur du permis change à ma vie ?</b><br />
Le prix de l’assurance si vous achetez une voiture, mais si vous louez cela n&rsquo;a aucune importance. Ensuite, à chaque fois que vous renouvelez votre permis vous devez suivre une séance de prévention routière dont la durée varie selon la couleur du permis (mais bon la durée maximum étant de deux heures cela ne change pas grand-chose au final).</p>
<h3>D. Les points</h3>
<p>Au Japon existe, comme en France, un système de points sur le permis. Cela fonctionne dans le sens inverse de la France : vous commencez à zéro points et en gagnez à chaque infraction. Je ne vais pas me lancer dans une explication complète du système de point, qui est <s>relativement</s> très complexe, mais je vais juste vous donner les grandes lignes :<br />
&#8211; 6 points équivalent à une suspension de permis de 30 jours, 9 points à une suspension de 60 jours, 12 points à une suspension de 90 jours. A partir de 15 points, cela devient plus sévère : vous avez un retrait de 1 an. La différence entre une suspension et un retrait est qu’à la fin de la suspension vous retrouvez automatiquement votre permis, alors que dans le cas d’un retrait il faut le repasser.<br />
&#8211; Le moindre centième de gramme d’alcool dans le sang vaut 6 points (donc 30 jours de suspension direct).<br />
&#8211; Si vous vous prenez 3 points pendant votre première année de permis, vous devrez suivre une séance de prévention routière de 7h et payer pour cela (15 550¥). Selon les cas, il est possible que vous deviez aussi repasser l’examen du permis de conduire.<br />
&#8211; Les points sont réinitialisés automatiquement au bout d’un an sans infraction.<br />
&#8211; La conduite en état d’ébriété fait drastiquement augmenter le nombre de points de chaque infraction. Exemple : si vous avez oublié de mettre votre <i>shoshinsha mark</i> et que vous êtes sobre, cela vous vaudra seulement 1 point (plus éventuellement une amende). Par contre, si vous avez oublié votre <i>shoshinsha mark</i> et conduisez avec un peu d’alcool dans le sang ce sera 14 points, et si vous dépassez les 0.25 g/l ce sera 25 points (soit deux ans de retrait de permis direct). Même tarif si vous dépassez les limitations de moins de 20 km/h. En fait au-delà de 0.25g/l d’alcool dans le sang strictement toutes les infractions valent 25 points.<br />
&#8211; En plus des points, le nombre de suspensions de permis est aussi comptabilisé et influe sur la durée des futures suspensions. Exemple : si vous vous prenez 6 points vous aurez une suspension de 30 jours. Si ensuite quelques mois plus tard vous vous reprenez 6 points, ce sera cette fois une suspension de 90 jours. Après avoir eu deux suspensions, les règles se durcissent encore et la moindre infraction à 2 points vous vaudra une nouvelle suspension de 90 jours. Le compteur de suspension est réinitialisé au bout de 3 ans sans suspension.<br />
-Pour l’anecdote, il n’y a pas de limite théorique au nombre de points que l’on peut prendre en un coup. Si vous voulez tenter, il doit être possible d’atteindre les 100 : tuer quelqu’un vous vaudra déjà 62 points ; si vous ajoutez un état d’ébriété et quelques autres bricoles ça peut aller vite. Combien d’années de retrait de permis pour 100 points d’un coup ? Aucune idée, mais à ce stade le nombre d’années de prison sera sûrement supérieur, donc le permis ne sera plus votre problème numéro 1.<br />
Je rappelle que ceci est en résumé, en réalité tout est encore bien plus complexe, notamment au niveau des réinitialisations de points et de suspensions qui peuvent être plus rapides dans certaines conditions. Le but ici est juste de vous donner une idée des bases. Pour ceux qui veulent plus de détails je vous invite à suivre les liens que j’ai mis en dessous.</p>
<p>Bref, voilà les bases de la conduite au Japon. Amusez-vous bien.</p>
<h2>Plus d’infos (principalement en anglais) :</h2>
<p><a href="https://www.nipponrentacar.co.jp/english/user-guide/driverslicense.html">Avec quel permis international puis-je conduire au Japon ?</a><br />
<a href="https://www.fr.emb-japan.go.jp/consulaire/permis_de_conduire.html">J&rsquo;ai des doutes sur l’impossibilité de conduire avec un permis international français</a><br />
<a href="https://english.jaf.or.jp/use-jaf-more/drive-in-japan/switch-to-japanese-license">Comment conduire avec une traduction du permis ?</a><br />
<a href="https://english.jaf.or.jp/contact/international-services">Où trouver un bureau de la JAF pour faire la traduction ?</a><br />
<a href="https://japandriverslicense.com/are-tests-required/">Conditions pour obtenir un permis japonais</a><br />
<a href="https://japandriverslicense.com/dl-centers/">Où faire les démarches pour obtenir son permis japonais ?</a><br />
<a href="https://japandriverslicense.com/required-documents/">Liste des documents nécessaires pour l’obtention du permis</a><br />
<a href="http://www.gaimen.net/gaimen/syorui-shinsa01.htm">Liste des documents nécessaires pour l’obtention du permis (en japonais)</a><br />
<a href="https://www.welcomekyushu.com/kyushu-road-trip/usefuls/traffic/">Les règles de conduite résumées</a><br />
<a href="https://japandriverslicense.com/japanese-road-signs/">Les panneaux de signalisation</a><br />
<a href="https://www.police.pref.kanagawa.jp/eng/e_mes/engf1008.htm">Les marquages au sol</a><br />
<a href="http://www.jaf.or.jp/e/road.htm">Le code de la route complet</a><br />
<a href="https://origami-book.com/column/course-en/7631">Plus de détails sur les points</a><br />
<a href="http://www.keishicho.metro.tokyo.jp/smph/menkyo/torishimari/gyosei/seido/tensu.html">La liste complète des infractions octroyant des points (en japonais)</a></p>
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		<title>Les particules wa et ga en japonais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2019 14:17:39 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;un des concepts intéressant de la langue japonaise est la présence de particules qui servent à identifier la fonction des mots. Il y a par exemple une particule qui indique le COD, une particule qui indique un déplacement, etc. Certaines des particules ont plus ou moins des équivalents en français : par exemple la particule de déplacement <em>ni</em> est globalement similaire à la particule <em>à</em> en français. Cependant ce n&rsquo;est pas le cas de toutes, et ce sont évidemment les particules qui n&rsquo;existent pas en français qui m&rsquo;intéressent le plus. Nous allons parler ici de deux d&rsquo;entre elles, à savoir <em>wa</em> et <em>ga</em>. Ce sont deux particules qui servent toutes les deux à déterminer le sujet, mais avec un nuance différente. Pour vous donner une idée de la complexité d&rsquo;expliquer cette nuance, il faut savoir que certaines personnes écrivent des thèses entières sur ces particules. Le but ici ne va donc évidemment pas être de traiter de tous les cas d&rsquo;utilisation possible de ces particules, mais d&rsquo;expliquer le concept général. Ce sont des particules qui pour moi ont un certain nombre de points communs avec <em>le</em> et <em>un</em> dans la langue française : on les utilise en permanencemais elles sont très difficiles à utiliser de manière complètement naturelle pour les non natifs. Elles ont aussi ce point commun que les natifs, bien que sachant spontanément quand utiliser laquelle, sont généralement incapables de donner une explication convaincante. Vous pouvez faire le test, vous serez incapable de trouver une règle sur l&rsquo;utilisation de <em>un</em> et <em>le</em> à laquelle vous ne trouverez pas de contre-exemple dans la minute (même si évidemment vous voyez bien le concept général qu&rsquo;il y a derrière). Ce sont donc des particules dont il faut apprendre le concept, et ensuite les utiliser des milliers de fois pour parvenir à une utilisation complètement naturelle.</p>
<h2>I &#8211; Le concept de “base”</h2>
<p>Bref, rentrons dans le vif du sujet : à quoi peuvent bien servir ces deux charmantes particules ? Lorsque l&rsquo;on commence l&rsquo;apprentissage du japonais, on nous apprend que wa est la particule du sujet. Ainsi dans la phrase “watashi wa pierre desu”, <em>wa</em> est bien après le sujet (je). Or vous allez vite vous rendre compte que la particule wa peut être utilisée après des mots qui ne sont pas sujets. Par exemple dans la phrase « kyou wa ikanai » (<em>kyou</em> = aujourd&rsquo;hui, <em>ikanai</em> = ne pas aller), on devine facilement que la phrase ne signifie pas « Aujourd&rsquo;hui n&rsquo;y va pas » (où aujourd&rsquo;hui serait le sujet du verbe aller), mais bien « Aujourd&rsquo;hui, je n&rsquo;y vais pas » (l&rsquo;omission du sujet est très fréquente en japonais). <em>Wa</em> ne qualifie donc en fait pas le sujet. Dans certaines méthodes vous verrez peut-être que l&rsquo;utilisation après le sujet et l&rsquo;utilisation après autre chose que le sujet sont deux utilisations distinctes. Selon moi, la première est un cas particulier de la deuxième.</p>
<p>Voilà donc mon explication. Oublions le japonais quelques instants. Dire quelque chose, peu importe dans quelle langue, c&rsquo;est partir d&rsquo;une base à laquelle on ajoute une information. Cette notion de base que j&rsquo;utilise étant assez conceptuelle il est assez difficile de la définir concrètement. Nous allons tout d&rsquo;abord prendre l&rsquo;exemple de réponse à des questions, car il est assez facile d&rsquo;identifier la base dans une question. Si on me demande « Qui es-tu ? », la base c&rsquo;est moi. Dans ma réponse, je vais donc partir de moi (<em>je</em>) et y ajouter une information (mon nom). Si on me demande « Que fais-tu aujourd&rsquo;hui ? », la base est aujourd&rsquo;hui. Je vais donc partir d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et ajouter une information (le verbe). Si on me demande « Tu y vas quand ? », la base est le fait d&rsquo;y aller, et l&rsquo;information ajoutée sera la date / l&rsquo;heure.</p>
<p>Cela a peut-être l&rsquo;air simple jusqu&rsquo;ici, mais attention la base n&rsquo;est pas toujours évidente ni facilement identifiable. Et je dirais même plus, la base dépend de l&rsquo;interprétation. Si on vous demande « Qu&rsquo;est-ce tu fais? », je vois au moins deux interprétations possibles en fonction du contexte (mais il y en a probablement d&rsquo;autres) :</p>
<p>Si vous êtes dans un groupe et que quelqu&rsquo;un constate que vous ne faites pas la tâche que vous êtes supposé accomplir (par exemple ce prof qui vous voit vous crotter le nez au fond de la classe au lieu de prendre des notes), la base c&rsquo;est vous (par opposition aux autres), et vous allez donc répondre en partant de la base vous.</p>
<p>Si par contre vous êtes tout seul dans votre coin et que quelqu&rsquo;un débarque subitement et vous pose cette question, la base va plutôt être le contexte, c&rsquo;est-à-dire le lieu et le moment (par opposition à ce que vous faites à d&rsquo;autres moments à d&rsquo;autres endroits). D&rsquo;ailleurs spontanément vous risquez de répondre « Là, je &#8230; ». Ce « là » est la référence à cette base. La base est donc un concept que nous utilisons tous les jours sans nous en rendre compte. La langue japonaise permet cependant d&rsquo;identifier ce concept plus facilement. C&rsquo;est pour cela qu’il est très intéressant d’apprendre des langues étrangères.</p>
<h2>II &#8211; La particule <em>wa</em></h2>
<p>Comme vous vous en doutez probablement, la particule wa sert en fait à définir cette base. Reprenons donc tous mes exemples :<br />
« Qui es-tu ? » =&gt; « watashi wa pierre desu »<br />
Nous sommes dans le cas particulier où la particule wa définit le sujet. Cela marche car ici le sujet est la base. Attention si le sujet n&rsquo;est pas la base on utilisera une autre particule (le <em>ga</em> dont j&rsquo;ai parlé au-dessus, sur lequel nous reviendrons plus tard).</p>
<p>« Que fais-tu aujourd&rsquo;hui ? » =&gt; « Kyou wa hon wo yomu »<br />
(<em>hon wo yomu</em> = lire un livre)<br />
Ici la base est aujourd&rsquo;hui. Je réponds donc <em>kyou</em> + <em>wa</em> + ce que je fais / vais faire aujourd&rsquo;hui. Kyou n’est donc évidemment pas le sujet de la phrase.</p>
<p>Imaginons maintenant un contexte où l&rsquo;on veut faire le ménage en famille. « Qu&rsquo;est-ce tu fais?/Qu&rsquo;est-ce que tu vas faire » =&gt; « watashi wa soujiki wo kakeru » (soujiki wo kakeru = passer l&rsquo;aspirateur). Ici la question signifie « Dans le cadre du ménage, quelle tâche vas tu accomplir ? ». La base est donc là encore moi, d&rsquo;où l&rsquo;utilisation du wa après le sujet.</p>
<p>Cette particule <em>wa</em> permet aussi de construire la question « et toi? » que l&rsquo;on pose lorsque l&rsquo;on veut retourner sa question à l&rsquo;interlocuteur. Ainsi il suffit de dire “anata wa ?” ou encore “[prénom]san wa ?”<br />
Par exemple :<br />
« Ogenki desuka ?<br />
-Genki desu. Anata wa ? »<br />
Qui se traduit par :<br />
« Comment vas-tu ?<br />
-Je vais bien. Et toi ? »<br />
Cette deuxième partie “et toi ?” signifie en fait que l’on garde la même question mais en changeant la base, c&rsquo;est-à-dire on change la personne sur laquelle la question est posée.</p>
<h2>III &#8211; La particule <em>ga</em></h2>
<p>Bon j&rsquo;espère que ce concept de base est clair, parce que maintenant nous allons nous attaquer à la différence avec la particule <em>ga</em>.<br />
Si <em>wa</em> est placé après le sujet lorsque celui-ci constitue la base, vous vous doutez donc que <em>ga</em> s&rsquo;utilise lorsque le sujet n&rsquo;est pas la base. Il existe notamment deux structures de phrase très utilisées où le sujet n&rsquo;est pas la base, la première étant les propositions subordonnées et la deuxième les formes de type discours rapporté (c&rsquo;est-à-dire « il dit que &#8230; », « il pense que&#8230; », etc).</p>
<p>Pour les propositions subordonnées, le concept est très simple : si vous dites « la pomme que je mange est bonne », la base est évidemment la pomme, et le « je » ne sert qu&rsquo;à donner des informations supplémentaires sur la pomme. On dira donc « watashi ga tabete iru ringo wa oishii » ( <em>tabete iru</em> = être en train de manger, <em>ringo</em> = pomme, <em>oishii</em> = bon). Je ne vais pas m&rsquo;attarder sur la construction des propositions subordonnées en japonais, mais retenons juste que le sujet à l&rsquo;intérieur d&rsquo;une proposition subordonnée n&rsquo;est jamais suivi de <em>wa</em> (et là pour une fois c&rsquo;est un jamais avec absolument aucune exception). On utilise toujours <em>ga</em> (ou <em>no</em>, mais c&rsquo;est encore une autre histoire).</p>
<p>Parlons maintenant du discours rapporté. Je vais poursuivre ici avec l&rsquo;exemple du verbe <i>dire</i>, mais cela fonctionne de manière similaire avec le verbe <i>penser</i>.<br />
Prenons l&rsquo;exemple de la phrase « il dit que tu y vas » comme réponse à la question « qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il dit ? ». Ici la base est <em>il</em>. On aura donc dans la phrase japonaise karé wa (<em>karé</em> = il). Cependant on remarque que <em>tu</em> est le sujet d&rsquo;une proposition, mais qu&rsquo;il n&rsquo;est pas la base. En fait c&rsquo;est la base de la proposition, mais pas de la phrase. Et en japonais on évite d&rsquo;avoir plusieurs fois la particule <em>wa</em> dans une phrase (sauf dans le cas de quelques expressions particulières comme <em>jitsu wa</em>, mais là encore on n&rsquo;en parlera pas ici). Bref c&rsquo;est donc là que nous allons pouvoir utiliser la particule <em>ga</em> et construire la phrase « karé wa anata ga iku to iu » (“il dit que tu y vas”).</p>
<h2>IV &#8211; Les subtilités</h2>
<p>Il est important de bien garder en tête cette différence entre ga et wa pour comprendre la nuance dans certaines phrases. Prenons l&rsquo;exemple de “koré wa pen desu” et “koré ga pen desu” (<em>koré</em> = ça, <em>pen</em> = stylo; les plus perspicaces d&rsquo;entre vous auront ici noté l&#8217;empreint à la langue de Shakespeare). Si l’on se base simplement sur le fait que <em>wa</em> et <em>ga</em> sont toutes les deux des particules du sujet sans chercher plus loin, on en conclut que ces deux phrases ont le même sens. De la même manière qu&rsquo;un japonais qui aurait appris sans chercher plus loin qu&rsquo;en français <em>un </em>et <em>le </em>se mettent tous les deux devant un nom se dirait que les phrases « j&rsquo;ai vu le chien dans le jardin » et « j&rsquo;ai vu un chien dans le jardin » ont le même sens. Or il y a quand même une nuance non négligeable, qui n&rsquo;est pas évidente à première vue mais qui dans un contexte fait une grosse différence. « J&rsquo;ai vu le chien dans le jardin » implique que l&rsquo;on sait que vous avez un chien, et que l&rsquo;on a vu ledit chien dans le jardin. Alors que « j&rsquo;ai vu un chien dans le jardin » signifie que j&rsquo;ai vu un chien inconnu dans le jardin, un chien dont je ne m&rsquo;attendais pas à la présence.<br />
Donc quelle est est la différence entre “koré wa pen desu” et “koré ga pen desu” ?</p>
<p>Pour répondre simplement je dirais que la première répond à la question « qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est ? » et la deuxième à la question « qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un stylo ? ».</p>
<p>Dans le premier cas, on part de la base <em>koré</em> (<em>ça</em>) et on va y ajouter des informations. On a donc logiquement la particule <em>wa</em>.</p>
<p>Le deuxième cas est plus subtile. Certains d&rsquo;entre vous se disent peut-être : « Dans la deuxième question, on devrait partir de la base stylo et arriver à la phrase « pen wa koré desu », alors pourquoi « koré ga pen desu ? » « . Si vous avez pensé cela, tout d’abord merci d’avoir suivi jusqu’ici, et ensuite, oui, vous avez raison. C&rsquo;est en effet une réponse parfaitement acceptable, et les deux phrases ont un sens quasiment équivalent. Il y a cependant une très légère nuance ; « pen wa koré desu » insiste sur ce qu&rsquo;est un stylo, et « koré ga pen desu » insiste sur l&rsquo;objet que l&rsquo;on est en train de montrer.</p>
<p>Pour clarifier les explications, je vais rediviser la question en deux : je peux demander « parmi ces objets, lequel est un stylo ? » ou demander « qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un stylo ? » en tant que concept général (un peu comme un philosophe demanderait « qu&rsquo;est-ce que le bonheur ? »). « Koré ga pen desu » répond donc à la première question, et « pen wa koré desu » à la deuxième. Attention on est ici dans des nuances assez subtiles, naturellement les deux réponses sont acceptables comme réponse à chacune des questions. Pour vous donner un équivalent en français, je dirais que « koré ga pen desu » = « c&rsquo;est ça, un stylo » ; et « pen wa koré desu » = « un stylo, c&rsquo;est ça ». Donc oui on est sur du chipotage. A noter que pour expliquer ce qu&rsquo;est un stylo en tant que concept général on peut aussi utiliser une structure plus complexe du type « pen to iu no wa &#8230; », que l&rsquo;on pourrait plus ou moins traduire par « ce qu&rsquo;on appelle un stylo, c&rsquo;est &#8230; « .</p>
<p>Sur le même modèle, en reprenant mon exemple de l&rsquo;aspirateur plus haut, on a vu que « watashi wa soujiki wo kakeru » signifiait « je vais passer l&rsquo;aspirateur », comme réponse à la la question « Que vas tu faire? ». Cependant la phrase « watashi ga soujiki wo kakeru » est correcte aussi. La nuance ici est que la base de la phrase n&rsquo;est plus moi, mais le fait de passer l&rsquo;aspirateur. Du coup cette phrase répond à la question « Qui va s&rsquo;occuper de passer l&rsquo;aspirateur ? »</p>
<p>J&rsquo;en profite pour éclaircir un point. Certains d&rsquo;entre vous se disent peut-être : « Si la base est le fait de passer l&rsquo;aspirateur, pourquoi ne vois-je point de particule <em>wa</em> après le verbe ? Ne devrait-on pas dire « watashi ga soujiki wo kakeru wa » ? »</p>
<p>La réponse est non, on ne met absolument jamais de particule <em>wa</em> directement après le verbe. Alors comment sait-on que c&rsquo;est le verbe / l&rsquo;expression verbale qui est la base ? On le sait tout simplement grâce au fait qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de particule <em>wa</em> dans la phrase, et que du coup c&rsquo;est le verbe qui se retrouve base par défaut. Attention cependant : il ne faut pas en conclure que toute phrase sans particule <em>wa</em> a pour base le verbe (loin de là !), car en japonais on omet très souvent le sujet, c&rsquo;est-à-dire ladite base. Ainsi si on vous demande si vous avez vu le dernier Harry Potter et que vous répondez « mita » (verbe voir au passé), la base n&rsquo;est pas le verbe mais bien vous, même si vous n&rsquo;avez pas redit <em>je</em>. Ceci dit si l&rsquo;on veut insister sur le fait que le verbe est la base de notre phrase, on peut utiliser une structure plus complexe, en nominalisant le verbe grâce à la particule <em>no</em>, ce qui permet de rajouter <em>wa</em> derrière. Ainsi si votre petit frère relou vous pique l&rsquo;aspirateur pendant que vous étiez en train d&rsquo;attraper un Pikachu sorti de derrière le canapé sur Pokémon Go, vous pouvez lui balancer un « soujiki wo kakeru no wa ore ga suru ! », qui siginifie « C&rsquo;est MOI qui passe l&rsquo;aspirateur ». Mais c’est une structure assez lourde et donc peu utilisée.</p>
<h2>V &#8211; Conclusion</h2>
<p>Voilà, j&rsquo;espère qu&rsquo;avec ces explications vous aurez compris les concepts généraux qui se cachent derrière <em>wa</em> et <em>ga</em>. Bien évidemment ces explications ne sont pas exhaustives, et il y a plein d&rsquo;exemples et de cas de figure que je n&rsquo;ai pas pu évoquer ici. Je voudrais aussi préciser que les explications sont mon point de vue personnel; il y a plein d&rsquo;autres façons d&rsquo;expliquer la différence entre <em>wa</em> et <em>ga</em>.</p>
<p>Vous comprenez ici l&rsquo;une des raisons qui fait que la langue japonaise est particulièrement compliquée à traduire en anglais / français, car des fois un seul petit <em>ga</em> à la place d&rsquo;un <em>wa</em> peut changer toute la nuance d&rsquo;une phrase et requérir tout une périphrase en français pour arriver à la même nuance.</p>
<p>Pour vous citer un exemple : dans un drama un couple de personnes âgées vient se recueillir sur la tombe de leur fille. Ils voient alors qu&rsquo;une tierce personne est venue, qui ne connaissait pas leur fille et qui n&rsquo;a rien à faire là. Le mari dit alors « nandé kimi ga ? » (<em>nandé</em> = pourquoi, <em>kimi</em> = tu). Ici la base est donc le verbe implicite, à savoir se recueillir. Ce qui le dérange n&rsquo;est donc pas le fait que quelqu&rsquo;un vienne se recueillir, mais le fait que ce soit la personne en question qui le fasse. On pourrait traduire cela littéralement par « Pourquoi vous? », mais en français ça ne sonne pas très bien dans le contexte. On peut donc s’en tirer avec une pirouette du type « Qu&rsquo;est-ce que vous faites ici ? », mais du coup on s&rsquo;éloigne quelque peu de la phrase originelle.</p>
<p>Si vous n&rsquo;avez pas tout compris et/ou que vous voulez des détails supplémentaires, vous pouvez lire cet <a href="https://www.cairn.info/revue-travaux-de-linguistique-2003-2-page-163.htm">article</a>, qui est plus précis (mais je vous préviens c&rsquo;est d&rsquo;un autre niveau, alors si vous avez trouvé mon article compliqué avec celui-là vous allez vous arracher les cheveux).</p>
<h2>VI &#8211; Commentaires</h2>
<p>1) Dans les exemples donnés ci-dessus j&rsquo;ai pris des structures de phrases très scolaires. Ces phrases sont donc très peu naturelles, et j&rsquo;en ai bien conscience. Premièrement parce que l&rsquo;utilisation abusive de pronoms n&rsquo;est pas une chose que les japonais adorent, et ensuite parce qu&rsquo;à l&rsquo;oral on supprime de toute façon une bonne partie des particules. Ainsi le « karé wa anata ga iku to iu » deviendrait à l&rsquo;oral et dans un contexte familier « omaé ga iku tte », pour ne citer que cet exemple. Cependant je veux garder mes articles accessibles aux débutants, et comme j&rsquo;essaie de me focaliser sur une certaine chose (ici, vous l&rsquo;aurez compris, les particules <em>wa</em> et <em>ga</em>), je ne veux pas me lancer dans l&rsquo;explication de choses périphériques qui n&rsquo;apporteraient rien au sujet de cet article. Voilà pourquoi je garde des phrases simples et scolaires, même si elles sont peu naturelles (tant que l&rsquo;utilisation des particules wa et ga le reste).<br />
2) Je dis souvent « les natifs ne se rendent pas compte blablabla », mais pourtant, me direz-vous, moi je m&rsquo;en suis bien rendu compte. Cela est dû au fait que je sois plus passionné par ce domaine (les langues) que la plupart des gens, ce qui m&rsquo;amène à réfléchir plus sur la question qu&rsquo;un locuteur natif moyen. De la même manière que quelqu&rsquo;un passionné d&rsquo;art pourrait m&#8217;emmener devant la Joconde et me dire « Personne ne le remarque, mais dans un coin il y a telle particularité », et ainsi m&rsquo;ouvrir les yeux sur un détail que je n&rsquo;avais jamais remarqué, le « personne » signifiant en réalité « la majorité des gens, qui ne s&rsquo;intéressent pas particulièrement au sujet ».</p>
<p>Cet article a entièrement été écrit par moi-même, sur la base de mes connaissances. Toute reproduction totale ou partielle est formellement interdite.</p>
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		<title>La langue japonaise et la langue coréenne se ressemblent-elles ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Nov 2019 15:08:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Corée]]></category>
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<p><p>
On me demande souvent si le japonais et le coréen sont des langues proches. Ce à quoi ma réponse est toujours la même : c&rsquo;est proche comme l&rsquo;anglais et le français. Ce à quoi on me répond là encore toujours la même chose : « mais non Pierre, le français et l&rsquo;espagnol sont proches, mais le français et l&rsquo;anglais sont très différents ». Et évidemment ne pouvant donner beaucoup d&rsquo;arguments comme ça au milieu d&rsquo;une conversation, je laisse souvent tomber, malgré que je sache que j&rsquo;ai raison (qui a dit « comme d&rsquo;habitude »??). Le problème vient du fait que lorsque l&rsquo;on n&rsquo;a jamais appris ce que j&rsquo;appelle une « langue éloignée », on ne peut pas se rendre compte à quel point une langue peut être construite d&rsquo;une manière très différente de notre langue natale, et donc par la même occasion à quel point l&rsquo;anglais et le français sont proches. Aujourd&rsquo;hui je me propose donc d&rsquo;étayer un peu plus mon argumentation et de vous prouver que l&rsquo;anglais et le français sont proches entre eux, que le japonais et le coréen sont proches entre eux mais très éloignés du français et de l&rsquo;anglais. <br>Cet article n&rsquo;est évidemment pas un cours de grammaire, mais je vais quand même aborder un certain nombre de points grammaticaux de l&rsquo;anglais, du japonais et du coréen car sinon je ne pourrais pas vous expliquer les différences entre ces langues. Je pourrais me contenter de vous donner des statistiques mais je doute que cela suffise à vous convaincre vraiment. </p>
<h1>I &#8211; D&rsquo;un point de vue extérieur</h1>
<p>Commençons par quelques faits établis par des linguistes.</p>
<h2>A &#8211; Les familles de langues</h2>
<p>Il existe ce que l&rsquo;on appelle des familles de langues, établies par des linguistes. Ces familles regroupent les langues par proximité. L&rsquo;anglais et le français appartiennent à la famille des langues indo-européènnes, et le japonais et le coréen à la famille des langues altaïques. Les langues n&rsquo;étant évidement pas classées au hasard, deux langues de la même famille sont assez semblables. <br>Si on descend une catégorie plus bas*, le français et l&rsquo;anglais sont ensuite séparées, le français étant une langue romane et l&rsquo;anglais une langue germanique, tandis que l&rsquo;espagnol reste dans le même groupe que le français (langue romane). Le japonais et le coréen sont aussi dans deux catégories différentes au sein des langues altaïques : le japonais appartient au groupe des langues japoniques, et le coréen au groupe des langues coréaniques. En fait ces deux langues sont considérées plus ou moins comme des isolats, c&rsquo;est-à-dire qu&rsquo;elles sont quasiment seules dans leur catégorie (mis-à-part deux trois dialectes très peu parlés), ce qui explique qu&rsquo;on ait donnée ces noms là à leurs catégories.<br>*Pour ceux qui n&rsquo;ont pas bien compris cette histoire de « catégorie plus bas ». Il faut imaginer le classement des langues comme celui des animaux : on peut toujours rediviser une catégorie en plusieurs catégories plus petites. Par exemple l&rsquo;homme est plus proche du bœuf que du serpent car l&rsquo;homme et le bœuf sont des mammifères. Par contre si on descend une catégorie plus bas, l&rsquo;homme appartenant au groupe des primates est plus proche du singe que du bœuf, qui appartient au groupe des bovidés (ou un truc dans le genre). Pour plus d&rsquo;infos <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_par_famille" noopener"="">ici</a>.<br>La répartition des langues européennes : IMAAAAGE
<br>On constate que les pays où les gens sont réputés parler bien anglais sont les pays dont la langue appartient au groupe des langues germaniques. Comme quoi ces classements ont vraiment un sens.</p>
<h2>B &#8211; L’ordre des mots</h2>
<p>L&rsquo;ordre des mots dans une phrase simple est une autre façon de classer les langues. Le français et l&rsquo;anglais sont de type SVO, à savoir Sujet-Verbe-Objet.   <br>Exemple : je mange une pomme / I eat an apple <br>On peut constater que cette phrase est traduisible mot à mot. <br>Le japonais et le coréen sont de type SOV. Pour l&rsquo;anecdote; chacune des six combinaisons existe dans au moins une langue. <br>Exemple de structure SOV :   <br>Japonais : watashi ha ringo wo tabemasu   <br>Coréen : jeo neun sagwa reul meogeoyo  <br>(ne nous occupons pas de la prononciation) <br>Cela ne doit pas être aussi évident pour vous que pour moi, mais on peut là aussi traduire ces deux phrases mot à mot. Explication : <br>watashi = jeo = je <br>ha = neun = particule du sujet <br>ringo = sagwa = pomme <br>wo = reul = particule du complément d&rsquo;objet   <br>tabemasu = meogeoyo = mange <br>Attention ceci est une traduction contextuelle, chacun des mots ci-dessus (à part peut-être pomme) mériterait une explication plus approfondie qu&rsquo;une simple traduction, mais je me contente d&rsquo;expliquer ce qui est pertinent pour l&rsquo;article. Vous commencez déjà à voir que oui, même pour une phrase aussi simple que ça on peut avoir des structures extrêmement différentes, et que du coup l&rsquo;anglais et le français se ressemblent significativement.</p>
<h2>C &#8211; Vocabulaire</h2>     
<p>Le vocabulaire aussi est très intéressant pour définir la proximité des langues. Ainsi deux langues du même groupe ont généralement un vocabulaire de base très proche. Le vocabulaire de base comprend les nombres, les couleurs, les parties du corps, les verbes simples (manger, dormir, etc). Par exemple le français et l&rsquo;espagnol ont un vocabulaire de base assez proche. Par contre le français et l&rsquo;anglais ont un vocabulaire de base assez éloigné, de même que le japonais et le coréen. <br>Néanmoins, deux langues de la même famille mais pas du même groupe ont généralement un vocabulaire de base différent, mais un vocabulaire « courant » (ie les mots qui ne font pas partie du vocabulaire de base) assez similaire. Et plus le mot de vocabulaire est rare et spécialisé, plus il a de chances d&rsquo;être similaire dans deux langues de la même famille. Par exemple le vocabulaire de la science est très similaire en anglais et en français. </p>
<h1>II &#8211; La grammaire</h1>
<p>Nous allons maintenant entrer dans le vif du sujet, à savoir la grammaire en elle-même. Le but ici est de prouver que des structures de phrases qui nous paraissent absolument évidentes en se basant sur le français et l&rsquo;anglais, ne le sont en fait pas. Je vais donc essayer de vous montrer par la même occasion pourquoi il est beaucoup plus facile pour un français d&rsquo;apprendre l&rsquo;anglais que pour un japonais (et du coup pourquoi il est beaucoup plus facile d&rsquo;apprendre le japonais pour un coréen que pour un français).   <br>Les explications ci-dessous décrivent des concepts communs au japonais et au coréen, mais pour simplifier les explications j&rsquo;utiliserai seulement du vocabulaire japonais.</p>
<h2>A &#8211; Deux particules élémentaires </h2>     
<p>En japonais il existe, comme je l&rsquo;ai mentionné plus haut, des particules qui définissent la classe grammaticale du nom auquel elles succèdent : sujet, COD, complément circonstanciel, etc. Or pour le sujet il en existe deux : « wa » et « ga ». Ces particules, dont l&rsquo;explication détaillée se trouve au bas de cette page pour les curieux, sont un vrai casse-tête pour les apprenants. Cependant comme elles sont ultra fréquentes (forcément, étant donné que la majorité des phrases comportent un sujet&#8230;), les maîtriser est essentiel pour approcher un niveau natif en japonais. Malheureusement, on ne peut pas demander à un natif d&rsquo;expliquer leur fonctionnement, car bien que sachant les utiliser ils sont souvent incapables d&rsquo;expliquer la différence. Les mêmes particules existant en coréen, il est donc très facile pour les coréanophones d&rsquo;apprendre à les utiliser. <br>De la même manière, nous avons en français des petits mots ultra courants qui terrorisent les étrangers qui n&rsquo;ont pas une langue indo-européenne pour langue natale : « le » et « un » (pour simplifier les explications on ne va pas s&rsquo;encombrer avec « la », « l' » et « une » qui ne sont que des variantes de « le » et « un »). Ces deux mots ne sont pas interchangeables, et pourtant expliquer leur différence est très dur. Même lorsqu&rsquo;on essaie de trouver une règle, on arrive toujours à trouver des contre-exemples après quelques secondes de réflexion. Comme les articles « the » et « a » en anglais s&rsquo;utilisent à quelques exceptions près de la même manière, il est très facile pour nous d&rsquo;apprendre à les utiliser.</p>
<h2>B &#8211; Les compteurs</h2>     
<p>De la même manière qu&rsquo;il existe des notions en anglais/français qui n&rsquo;existent pas en japonais/coréen (cf point du dessus), il existe aussi des notions qui existent en japonais/coréen et qui n&rsquo;existent pas en français/anglais. <br>Je vous présente donc la notion des compteurs. « Un » en japonais se dit « ichi ». Cependant, on ne peut pas utiliser ichi devant n&rsquo;importe quel nom pour dire un quelque chose : il faut utiliser un mot différent selon la catégorie du nom. Et alors là c&rsquo;est le début des problèmes : n&rsquo;allez pas croire qu&rsquo;il existe trois ou quatre catégories bien définies. Non, déjà il en existe des dizaines (si ce n&rsquo;est des centaines), mais en plus elles sont tout sauf bien définies. <br>Par exemple il existe un compteur pour les petits objets type dés, gommes, etc et un pour les objets longs et fins type bouteilles, stylos, etc, mais dans quelle catégorie met-on les cure-dents?   <br>Il existe un compteur pour les êtres humains et un pour les machines, mais dans quelle catégorie mettra-t-on les robots intelligents lorsqu&rsquo;on les aura inventés?   <br>Il existe un compteur pour les petits animaux type lapins, chihuahuas,etc et un pour les gros animaux type bœufs ou éléphants, mais où est la limite entre petit et gros? Par exemple dans quelle catégorie met-on un tigre ou un lion?   <br>Et au cas où vous vous poseriez la question, non les natifs n&rsquo;ont pas toujours de réponse spontanée à ces questions. Ne vous moquez pas, si je vous demande la conjugaison du verbe naître à la 2ème personne du pluriel à l&rsquo;imparfait du subjonctif vous aurez sans doute du mal à me donner une réponse spontanée aussi; chaque langue a ses difficultés. (Pour les curieux la réponse était « que vous naquissiez »). <br>Je ne rentrerai pas dans les détails de la construction de ces compteurs qui est elle aussi assez complexe. <br>Plus d&rsquo;infos <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Japanese_counter_word">ici</a>  (il existe aussi une page en français mais celle en anglais est plus détaillée). <br>Bref pour en revenir au sujet de départ, un occidental qui apprend le japonais sera tenté pour dire « une pomme » de dire « ichi ringo », ce qui est faux. Alors que comme en coréen la notion de compteur existe aussi, un coréanophone qui apprend le japonais et veut dire « une pomme » a beaucoup moins de risque de faire cette erreur.</p>
<h2>C &#8211; Une bière s&rsquo;il vous plait!</h2>     
<p>Un exemple qui me tient à coeur. En anglais on se contentera d&rsquo;un « One beer please ». Mais en japonais ça ne marche pas comme ça. Tout d&rsquo;abord; le vocabulaire : une = ichi, bière = biiru (la japonisation de beer) et svp = kudasai. Voilà pourquoi les étrangers qui arrivent au Japon et qui ont appris quelques mots de japonais dans « le japonais en trois jours » (ou je ne sais quel autre bouquin) arrivent avec un grand sourire « ichi biiru kudasai ». Bien tenté, mais peu de chance que ça marche. En fait le serveur comprendrait quand même si la prononciation était parfaite et donc qu&rsquo;il pouvait identifier chaque mot. Mais en général, à ce niveau de grammaire la prononciation n&rsquo;est pas parfaite. Pour vous donner une idée concrète, si un chinois vient et vous dit « moi vouloir riz » (oui j&rsquo;aime les clichés) vous comprendrez si la prononciation est correcte. Maintenant s&rsquo;il prononce comme un chacal et que vous entendez « moi boudoir lit » vous n&rsquo;êtes pas près de lui donner son riz. D&rsquo;où la tête d&rsquo;ahuri du serveur japonais lorsque vous lui direz « ichi biiru kudasai ». <br>Bon alors, c&rsquo;est quoi la phrase correcte? <br>Tout d&rsquo;abord, si vous avez bien suivi le point du dessus vous devez subodorer un premier problème : on ne peut pas dire « ichi biiru ». Alors on utilise quel compteur ? Sans rentrer dans les détails, dans le cas d&rsquo;une pinte on utilisera hitotsu, compteur assez général, qui peut être utilisé avec un peu tous les objets et qu&rsquo;on utilise quand un objet ne rentre pas dans une autre catégorie. Donc on en arrive à hitotsu biiru kudasai. C&rsquo;est mieux mais ce n&rsquo;est toujours pas correct. <br>Pourquoi ça ne marche pas ? Je vous propose pour cela un petit cours de français. Savez-vous ce que sont les nombres ? Je veux dire, savez-vous quelle est la nature grammaticale des nombres ? En fait, en français, un nombre peut avoir valeur d&rsquo;adjectif ou de pronom (à l&rsquo;exception de « un » qui peut aussi être un article, d&rsquo;où la différence en anglais entre « a » et « one »). Voilà pourquoi on peut le poser là comme ça devant le nom, comme par exemple dans la phrase « j&rsquo;ai deux stylos », ou l&rsquo;isoler, comme dans la phrase « des stylos, j&rsquo;en ai deux ». <br>Or en japonais les nombres sont considérés comme des noms. Donc on ne peut pas mettre un nombre devant un nom, puisque cela ferait deux noms côte à côte. On doit utiliser la structure numéro deux, à savoir « des pommes, j&rsquo;en ai cinq », soit concrètement le nom + la particule du COD (« wo ») + le nombre. Donc pour demander une bière on doit dire « biiru wo hitotsu kudasai ». <br>Et c&rsquo;est la même structure en coréen, donc un coréen qui apprend le japonais ne peut pas faire cette faute. Par contre, en arrivant en Angleterre, il pourrait dire « A beer, one please », faute qu&rsquo;un français ne pourrait pas faire.</p>
<h2>D &#8211; Où es-tu ?</h2>     
<p>Un exemple beaucoup plus simple pour se reposer un peu les neurones. Lorsque l&rsquo;on veut demander, notamment par sms, à une personne où elle se trouve, en anglais on peut traduire mot à mot, soit « where are you ? ». Or, contrairement à ce que l&rsquo;on pourrait penser, la structure naturelle de la phrase « où es-tu ? » n&rsquo;est pas la même dans toutes les langues. En japonais on dit « ima doko ? », qui se traduit littéralement par « là maintenant (t&rsquo;es) où ? ». Et naturellement en coréen on a l&rsquo;équivalent « jigeum eodi ? » qui a exactement la même structure.</p> 
<h2>E &#8211; Même si</h2>     
<p>Traduisible mot à mot en anglais par « even if », j&rsquo;ai eu tendance en apprenant le japonais à le traduire littéralement aussi. Or dans l&rsquo;expression équivalente en japonais et en coréen on n&rsquo;a pas de « si ». Du coup « même si je vais » devient quelque chose comme « même je vais ». J&rsquo;ai aussi entendu l&rsquo;erreur inverse d&rsquo;une coréenne qui me disait en anglais « even I go », sans se rendre compte que ça n&rsquo;avait plus le même sens.</p>
<h2>F &#8211; Qu&rsquo;en penses-tu ?</h2>     
<p>Traduisible mot à mot en anglais par « what do you think (of it) ? », cette expression lorsque traduite littéralement est non seulement erronée, mais en plus elle induit en erreur car elle est généralement interprétée par les natifs par « A quoi tu penses ? ». La bonne façon de demander « qu&rsquo;en penses-tu ? » est en fait « dou omou ? » qui traduite littéralement veut dire « comment penses-tu (à propos de cela) ? ». Pareil pour le coréen. <br>De la même manière, pour demander « quelle est la différence entre A et B ? », on ne demande pas littéralement « quelle est la différence entre A et B? » mais « dou chigau ? », c&rsquo;est-à-dire « comment A et B diffèrent-ils ? ».</p> 
<h2>G &#8211; Dire non</h2>
<p>En anglais et en français on a tendance à utiliser le mot « non » quasiment à chaque fois que l&rsquo;on doit répondre par la négative. Du coup, lorsque dans son premier cours de japonais on apprend que non se dit « iié », on le dit tout le temps. Puis on se rend compte au bout d&rsquo;un certain temps que l’on entend presque jamais les natifs le dire. C’est parce que pour répondre par la négative le japonais (et le coréen) ont plusieurs mots qui n&rsquo;ont pas vraiment d&rsquo;équivalents dans notre langue :<br>-damé (« il ne faut pas ») : mot utilisé lorsque vous ne pouvez raisonnablement pas. Exemple : on vous demande si vous allez à la fête de Jean-Claude samedi soir, mais vous avez un examen lundi : votre raison vous empêche donc d&rsquo;y aller =&gt; réponse « damé ».<br>-muri (« impossible ») : un peu le même concept, sauf que cette fois ce n&rsquo;est pas une raison morale qui vous empêche d&rsquo;y aller mais une raison physique. Exemple : on vous demande si vous allez à la fête de Jean-Claude samedi soir, mais ce week end vous vous enjaillez à Rio de Janeiro : vous êtes donc dans l’incapacité physique d’y aller =&gt; réponse « muri ».<br>-iyada (« j&rsquo;aime pas ») : vous n&rsquo;avez tout simplement pas envie. Exemple : on vous demande si vous allez à la fête de Jean-Claude samedi soir, mais vous n&rsquo;avez vraiment pas envie d&rsquo;aller chez ce gros relou de Jean-Claude =&gt; réponse « iyada ». Attention cette réponse est assez malpolie, donc on évitera de l&rsquo;utiliser si la personne qui vous pose la question est Jean-Claude lui-même. Par contre si c&rsquo;est quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;aime pas trop Jean-Claude non plus c&rsquo;est bon.<br>-chigau (« c&rsquo;est différent ») : utilisé lorsque l&rsquo;interlocuteur dit quelque chose (ou pose une interronégative) et que vous voulez lui indiquer qu&rsquo;il s&rsquo;est trompé ou qu&rsquo;il a mal compris ce que vous avez dit. Exemple : on vous demande « Mais toi samedi tu vas à la fête de Jean-Claude, c&rsquo;est bien ça? », mais en fait vous n&rsquo;y allez pas, il s&rsquo;agit là d&rsquo;une incompréhension =&gt; réponse « chigau ». (ce cas est exclusif au japonais, en coréen on utilisera le « non » normal).<br>Alors on l’utilise quand, ce fameux « iié »? <br>Essentiellement dans les bouquins de grammaire pour débutant en fait (si, je suis sérieux). Il y a un autre cas de figure qui me vient à l’esprit, c&rsquo;est lorsque l&rsquo;ordinateur vous affiche un message du type « Etes-vous sûr de vouloir continuer? » et qu&rsquo;il y a un bouton « oui » et un bouton « non ». Sinon “iié” pourrait en théorie aussi être utilisé, dans certains cadres formels, comme lors d&rsquo;une réunion de business. Mais comme en fait il est assez malpoli de dire directement non en japonais, un natif essaiera de trouver un moyen détourné de vous faire comprendre que c&rsquo;est non, et n’aura donc quand même pas besoin de « iié ». Enfin, ce mot est aussi utilisé pour dire “de rien”, après que quelqu’un ai dit “merci”. Mais du coup il n’a plus le sens de “non”.</p>
<h2>H &#8211; Aller et venir</h2>     
<p>En français/anglais, l&rsquo;utilisation des verbes aller et venir n&rsquo;est pas tout-à-fait la même qu&rsquo;en japonais/coréen, mais on vous l&rsquo;apprendra rarement en cours. C’est le genre de chose dont il faudra se rendre compte par soi-même dans la réalité, après avoir utilisé le verbe venir à la française dans une phrase japonaise que votre interlocuteur n&rsquo;aura pas comprise.<br>Je pense à une situation en particulier : lorsque vous voulez inviter quelqu&rsquo;un, quelque part ailleurs que chez vous. Par exemple lorsque vous demandez à votre ami « Tu viens au restaurant demain ? » / « Are you coming to the restaurant tomorrow ? ». En japonais et en coréen il faudra utiliser le verbe aller : « ashita resutoran ni iku ? » / « naeil shiktange ka? »<br>Pourquoi cette différence ? Selon moi, parce qu&rsquo;en français/anglais la notion d&rsquo;aller et venir est définie par rapport au lieu où se trouvera le locuteur au moment de l’action, alors qu&rsquo;en japonais/coréen elle est définie par rapport au lieu où se trouve le locuteur en l’instant présent. Du coup cela ne change rien lorsque l&rsquo;on parle au présent, mais fait une différence au futur : si demain vous vous trouverez dans un lieu différent, la distinction entre aller et venir en anglais/français se fera par rapport au lieu où vous serez demain, alors qu&rsquo;en japonais/coréen par rapport au lieu où vous êtes maintenant. Cela peut avoir l&rsquo;air d&rsquo;être un détail, mais cela peut générer d&rsquo;importantes confusions : supposons qu&rsquo;un ami japonais, pensant dans sa langue natale, vous demande « Tu vas au restaurant demain? », vous risquez de penser que lui n&rsquo;y va pas. Et vice versa, si par exemple vous êtes chez vous et que vous demandez à votre ami coréen « Tu viens demain? » en omettant le COD (ce qui reste une phrase parfaitement correcte), le coréen risque de penser que vous lui demandez s&rsquo;il vient chez vous et non au restaurant.</p>
<h2>I &#8211; Les adjectifs au passé</h2>     
<p>En japonais, on peut utiliser la plupart des adjectifs sans le verbe être. Par exemple si vous voulez dire que quelque chose est bon, pas la peine de s&#8217;embêter à dire « c&rsquo;est bon », seulement « bon » suffira. <br>Certains adjectifs ont aussi une fonction très pratique, qui est la possibilité d&rsquo;être « conjugués »; Ainsi, lorsqu&rsquo;on veut dire « c&rsquo;était bon », toujours pas besoin du verbe « être », il suffit de mettre l&rsquo;adjectif « bon » au passé. Du coup en apprenant le japonais on peut être tenté pour dire « c&rsquo;était bon » de conjuguer le verbe être au passé, mais c&rsquo;est faux : il faut conjuguer l&rsquo;adjectif au passé et laisser le verbe être au présent (ou le supprimer). <br>En coréen l&rsquo;adjectif s&rsquo;utilise de manière assez différente du japonais, mais a ce point commun de pouvoir être conjugué.</p>
<h2>J &#8211; Le langage poli</h2>     
<p>Le langage poli en japonais et en coréen est plus ou moins équivalent du vouvoiement en français.   <br>C&rsquo;est un sujet extrêmement complexe, car contrairement au français où l&rsquo;on n&rsquo;a que deux niveaux qui dépendent seulement de la relation qu’on les deux personnes qui discutent, en japonais on a plusieurs degrés en fonction du statut de l&rsquo;interlocuteur, du statut de la personne dont on parle et du statut des personnes en présence. A savoir si je parle à un collègue plus haut placé que moi, je ne dois pas lui parler de la même manière si je parle d&rsquo;un autre collègue plus bas ou si je parle du patron, et je ne dois pas non plus lui parler de la même manière selon que le patron est présent dans la pièce ou non. Et si je parle à une princesse c&rsquo;est encore différent. <br>Vous vous dîtes peut-être qu&rsquo;en français non plus on ne parle pas de la même manière au Président de la République ou à son patron, sauf qu&rsquo;en français c&rsquo;est uniquement le vocabulaire qui diffère, et non la forme des verbes. <br>En coréen on a quelques différences avec le japonais, notamment une différence dans le discours formel et informel, à savoir si je dis « veuillez ne pas fumer » à l&rsquo;oral ou si c&rsquo;est écrit sur une affiche le verbe ne sera pas conjugué de la même manière, même si le niveau de politesse est le même. <br>Bref la partie qui m&rsquo;intéresse est le fait que ce soit la terminaison du verbe qui change en fonction du niveau de politesse. Du coup, contrairement au français où le choix du niveau de politesse ne se fait que lors du discours direct (c’est-à-dire lorsque je dis « tu » ou « vous ») en japonais et en coréen il se fait dans TOUTES les phrases. Lorsque je dis « il pleut », la terminaison du verbe est différente selon la personne à qui je le dis. Sauf que comme ma langue natale est le français, il m&rsquo;arrive lorsque je parle en japonais de me tromper et de dire une phrase en « tutoiement » alors que je ne devrais pas. Problème qui ne risque pas d&rsquo;arriver à un coréen qui à l&rsquo;habitude dans sa langue natale de « vouvoyer » même pour dire « il pleut ».</p>
<h2>K &#8211; Les propositions subordonnées</h2>     
<p>Si vous avez réussi à aller jusque-là, je suppose que vous êtes prêts pour la partie qui va suivre. On commence à arriver dans de la grammaire assez complexe, mais j&rsquo;espère que mes explications seront claires. <br>Alors qu&rsquo;en français et en anglais la proposition subordonnée se place après le nom qu&rsquo;elle qualifie, en japonais et en coréen elle se place devant. De ce fait il faut beaucoup de temps lorsqu&rsquo;on apprend une de ces langues pour arriver à les construire spontanément, surtout à l&rsquo;oral, car il faut penser « à l&rsquo;envers ». Prenons un exemple simple : lorsque vous voulez dire en français « la pomme que je mange », vous pensez d&rsquo;abord au sujet (pomme) puis vous la qualifiez grâce à la proposition subordonnée. Le problème est que si vous parlez en japonais et que vous commencez par dire pomme vous serez très embêté, car la subordonnée devait venir avant le sujet; vous devez donc recommencer la phrase à zéro. <br>Amusons-nous à traduire la phrase suivante : La pomme que je mange est verte comme de l&rsquo;herbe. (oui cette phrase est un peu débile, mais c&rsquo;est le côté grammatical qui m&rsquo;intéresse). <br>Comme je veux insister sur l&rsquo;ordre des mots, on va supprimer les particules et ne garder que les mots essentiels : Pomme je mange être verte comme herbe <br>Si on regarde l&rsquo;anglais : The apple I&rsquo;m eating is green like grass <br>En traduisant mot-à-mot et en enlevant les particules, on obtient exactement le même ordre des mots qu&rsquo;en français: Apple I eat be green like grass =&gt; Pomme je mange être verte comme herbe. <br>Maintenant qu&rsquo;en est-il du japonais? <br>Comme vous pouvez le remarquer, on a deux propositions subordonnées (« que je mange » et « comme de l&rsquo;herbe », que l&rsquo;on va devoir mettre chacune devant le nom qu&rsquo;elles qualifient. <br>Ce qui donne : (je) mange pomme* herbe comme verte être <br>Et devinez quel est l&rsquo;ordre en coréen? Tadadam : le même qu&rsquo;en japonais. <br>Evidemment ça semble beaucoup moins spontané pour nous, et du coup on imagine facilement que notre ordre des mots n&rsquo;est pas spontané non plus pour les gens qui n&rsquo;ont pas une langue indo-européenne comme langue natale. <br>*je mange pomme : certains d&rsquo;entre vous se demandent peut-être : du coup, si dans « je mange pomme » le « je mange » est une proposition subordonnée, comment font-ils la différence avec la phrase « je mange une pomme »? Ils utilisent une particule différente? <br>Alors déjà oui, les particules ne sont pas les mêmes, mais même sans particule on comprendrait, car je vous rappelle qu&rsquo;en japonais le verbe se met à la fin de la phrase. Du coup « je mange une pomme » devient « je pomme mange ». <br>Pour résumer : <br>sur le modèle (fr) fr simplifié =&gt; jp <br>(je mange une pomme) « je mange pomme » =&gt; « je pomme mange » <br>(la pomme que je mange) « pomme je mange » =&gt; « je mange pomme » <br>Voilà pourquoi plus la phrase est longue, plus il va vraiment falloir réfléchir longtemps pour la traduire en japonais (alors qu&rsquo;en anglais on aurait beaucoup moins de problèmes). Je me demande d&rsquo;ailleurs comment font les interprètes professionnels; il ne peuvent pas commencer à traduire une phrase avant qu&rsquo;elle soit finie, du coup j&rsquo;imagine qu&rsquo;ils doivent dire la phrase tout en étant en train d&rsquo;écouter la phrase suivante simultanément. <br><br><br>     Si vous voulez quelques explications supplémentaires voici une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=JB2ZCa2arqA">vidéo</a> assez intéressante.</p>
<p>Cet article a entièrement été écrit par mes soins, sur la base de mes connaissances. Toute reproduction totale ou partielle est formellement interdite.</p></p>
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